Justice, c'est nous

Alnoor Meghani

Photo de Alnoor Meghani

Une carrière juridique sur la scène internationale était un choix naturel pour Alnoor Meghani.

Alnoor est né et a grandi en Tanzanie, en Afrique de l'Est, et lui et sa famille ont immigré au Canada à cause des troubles politiques et des menaces aux droits de la personne dans son pays dans les années 70.

« Dans mon enfance, je me suis personnellement frotté aux enjeux touchant les droits de la personne, de sorte que j'ai apprécié le contexte multiculturel et pluraliste au Canada », dit Alnoor.

« Ces enjeux ont une forte résonance pour moi et je veux que d'autres bénéficient des avantages et du luxe dont je jouis ici. »

Il a obtenu un baccalauréat en psychologie à l'Université de Calgary en 1979 et un baccalauréat en droit à l'Université d'Ottawa en 1985. Il a fait son stage et pratiqué à Calgary dans un cabinet privé qui était le représentant permanent du ministère de la Justice du Canada dans des affaires visées par l'ancienne Lois sur les stupéfiants et la Loi sur les aliments et drogues.

La Fondation Aga Khan du Canada l'a recruté en 1989. Travailler pour une agence de développement international était stimulant, mais après un certain temps, il est devenu évident pour Alnoor qu'il devenait frustré parce que l'ambiance du tribunal lui manquait.

Il est revenu travailler en 1994 à titre de représentant permanent pour des affaires visées par la Loi réglementant certaines drogues et autres substances et la Loi de l'impôt sur le revenu et quatre ans plus tard, il a été recruté comme membre permanent de l'Unité mixte des produits de la criminalité du Ministère de la Justice.

Sa carrière de fonctionnaire sur la scène internationale a commencé en 2003.

Quand la guerre a éclaté en Afghanistan, Alnoor a été choisi pour aider le Groupe de coopération internationale à titre de gestionnaire du « Projet Afghanistan ».

Il a alors séjourné à Kaboul et participé à la rédaction d'un manuel pour la Commission autonome des droits de la personne de l'Afghanistan (Afghanistan Independent Humain Rights Commission – AIHRC). Le manuel a été conçu avant tout à l'usage de l'AIHRC et d'autres groupes ayant à traiter des questions relatives aux droits de la personne. Il ciblait divers sujets, notamment, comment mener des entrevues avec les victimes de mauvais traitements, les femmes et les enfants, et comment repérer les mauvais traitements pendant les visites des prisons.

Afin de mieux satisfaire son intérêt pour le travail à l'international, il est devenu, en 2004, directeur terrain du projet de réforme juridique du Ministère au Bangladesh.

Le projet visait à apporter de l'aide juridique et technique au ministère des Affaires juridiques, au ministère de la Justice et des Affaires parlementaires et à la Commission des affaires juridiques du Bangladesh ainsi qu'à renforcer le système de justice pénale du pays. Le projet a donné aux rédacteurs de la formation sur les principes de la rédaction législative moderne, il a accru la capacité de la Commission des affaires juridiques et il a aidé à cerner les enjeux qui ont des répercussions sur le système de justice pénale, y compris la problématique homme-femme.

Un grand défi au Bangladesh était la rareté, sinon l'absence, de publications juridiques pour diffuser des versions exactes et à jour des textes de lois en vigueur. Il était donc extrêmement difficile pour les tribunaux, les avocats et les citoyens de se tenir au courant de la profusion de nouvelles lois, mais aussi de connaître le statut des lois courantes, qui ont été profondément modifiées.

« L'accès à la justice doit nécessairement signifier que les citoyens devraient avoir accès aux lois en vigueur », dit Alnoor.

Les lois en vigueur au Bangladesh dataient de la période de la domination britannique (de 1836 à 1947), de la période dite du Pakistan (de 1947 à 1971) et de la période ayant suivi l'indépendance. De plus, toutes les lois adoptées après 1987 devaient être rédigées en bengali, langue officielle du pays. Les participants du projet ont donc entrepris de consolider toutes les lois de 1836 à janvier 2007. Le résultat de l'exercice tient en 38 volumes accompagnés d'un index chronologique et alphabétique.

Ces volumes ont été imprimés ainsi qu'affichés dans le site Web du ministère des Affaires juridiques. « La règle du droit et les enjeux économiques vont de pair, affirme Alnoor. La diffusion des lois du pays à un plus large auditoire, et même à l'extérieur des frontières du Bangladesh, a des répercussions directes sur la réduction de la pauvreté, parce que la connaissance des lois d'un pays favorise l'investissement étranger au pays. »

Quand la guerre a éclaté en Afghanistan,  Alnoor a été choisi pour aider le Groupe de coopération internationale à titre de gestionnaire du « Projet Afghanistan ».

Alnoor estime qu'il est très important que les institutions gouvernementales soient bien établies partout.

« Outre l'accès aux soins de santé et à l'éducation, il faut assurer l'accès à la justice, qui protège la dignité humaine, et la justice peut et doit toujours être administrée par une institution gouvernementale. »

À l'avenir, Alnoor est déterminé à poursuivre avec la même passion son travail sur les enjeux internationaux.

Il est maintenant avocat à la section des programmes juridiques internationaux et directeur du projet Sharaka, projet d'acquisition de capacités juridiques et techniques au bureau du Procureur général et au Service des poursuites pénales de l'administration palestinienne.

« Le Canada a beaucoup à offrir aux nouvelles démocraties pour les aider à s'établir », dit Alnoor, et il entend continuer de faire sa part.

Photo de Alnoor Meghani

Date de modification :